Le droit de vote : alternance mon cul.
Lieu commun : la droite a souvent mené une politique de gauche et inversement.
Il reste le droit de choisir une personnalité. En gros l’emballage d’une politique dont nous sommes depuis bien longtemps dépossédés du choix.
De ce point de vue Sarkozy a plutôt joué franc-jeu.
D’une part en officialisant la position de la France dans l’OTAN, mettant ainsi fin à une interminable hypocrisie chiraco-gaulliste : en effet la France n’a pas attendu Sarkozy pour aligner sa diplomatie sur celle de Washington, les officiers français font partie du SHAPE (Etat-major des puissances alliées en Europe) depuis longtemps, elle était déjà présente dans 36 des 38 comités militaires, elle n’a jamais quitté le Conseil de l’Atlantique Nord et n’a pas attendu Sarkozy pour participer aux opérations de l’OTAN au Kosovo, en Bosnie et en Afghanistan. L’indépendance diplomatique de la France est une foutaise, c’était déjà le cas sous de Gaulle, même au moment où il claqua la porte de l’Alliance. Au moins, en rejoignant officiellement l’OTAN, la France pourra hériter du commandement régional de Lisbonne, avec la responsabilité de la Force de Réaction Rapide et de la zone Afrique, où nous n’avons plus les moyens d’intervenir.
D’autre part Sarkozy a largement recruté à gauche (Strauss-Kahn, Attali, Besson, Kouchner, Charasse, etc.). Ces transfuges ont peut-être trahi des amis ou des clans mais certainement pas une conviction et encore moins une politique, d’ailleurs Strauss-Kahn est toujours au PS, Attali (l'homme qui endette les gueux), même s’il bosse pour Sarko, revendique toujours une politique de gauche, etc. Mais en vérité la phraséologie gauche-droite, sociale-libérale n’a strictement aucun sens : l’option capitaliste est la même. Cette dialectique d’alternance bidon, en balancier, endort l’opinion ainsi qu’un derviche. Sarkozy, la dernière marionnette de ce système, est peut-être un peu moins hypocrite que les précédentes, il annonce la couleur : travailler plus pour rembourser plus…
Gauche ou droite : strictement aucune importance.
Il reste donc les votes marginaux : écolos, communistes et autres LCR ou non –alignés.
On sait depuis l’affaire du réchauffement climatique que l’écologie est avant tout un enjeu économique, que le CO2 est bon pour la santé et que le seul intérêt du débat écologique est qu’on voit davantage de safaris-photo à la télévision dont les chaînes financées par les marchands d’armes diffusent les programmes du sympathique Hulot pendant qu’à Kyoto les mêmes industriels n’arrivent même pas à se mettre d’accord sur une réduction des émissions nocives de 0,003% des industries polluantes détenues par les mêmes actionnaires que ceux des chaînes de télévision et autres Figaro-magazine.
Enfin les cocos, LCR, trotskystes et autres tarés. Ils drainent les suffrages des rêveurs qui font entendre leur contestation. C’est ça qui est bien avec le droit de vote : on peut « faire entendre sa contestation » ! Comment ? En mettant un bout de papier dans un carton ! Ce qui signifie, en clair : « Ah ? Tu contestes ? C’est très bien ! Tu as raison ! Fais la queue comme tout le monde, mets ton petit papier dans la petite boite, rentre chez toi regarder une connerie à la télé comme tous les autres trous-du-cul, nous on s’occupe de tout ». Encore, s’ils étaient vraiment communistes, je veux dire marxistes, je les écouterais peut-être avec davantage d’attention.
Alors : à quoi sert-il de voter ? Et faut-il encore voter ?
Le droit de vote est un anesthésiant. Une sorte de tradition, c’est la messe du bobo : ses parents ou grand-parents ont voté en 36 pour avoir les congés payés (et Pétain dans la foulée, vu que c’était les mêmes ! Ah la bonne blague démocrate !), alors il continue, par inertie. Il donne au citoyen l’illusion de participer à un débat auquel il assiste à la télé et de choisir entre le capitalisme social et le socialisme capitaliste. En gros, Big-Mac ou Maxi-Burger. Puis le bobo, rassasié de s’être exprimé, rentre chez lui, impatient de regarder à la télé le ballottage qu’il est fier d’avoir provoqué. Après il mate la météo, pour apprendre (information renversante) qu’il pleut à Rennes et qu’il fait beau à Cannes, puis des pubs abrutissantes de connerie pour une bagnole qui pue, et un film débile, puis il s’endort, etc.
Si j’entre un jour dans un bureau de vote, ça sera pour chier dans l’urne.